FRUITS SECS DÉHISCENTS : FOLLICULES, CAPSULES, GOUSSES, SILIQUES & SILICULES

Posté par Paul-Robert TAKACS le 2 mars 2010

  • FOLLICULE : un follicule est un fruit sec déhiscent, uni-carpellé ; chaque follicule du fruit composé de la pivoine (polyfollicule de Paeonia, Paeoniacées), s’ouvre par une fente latérale. Le follicule est probablement le type de fruit qui permet de comprendre au mieux ce qu’est un carpelle, comme composante d’un pistil : on est ici dans la théorie de la feuille carpellaire à l’origine du pistil des Angiospermes, à rapprocher de la théorie de la métamorphose florale de GOETHE. On estime en général que le follicule est l’un des types de fruits archaïques. On le voit apparaître avec les Angiospermes les plus anciennement connues dans les registres fossiles : Paeoniacées, Renonculacées…
  • CAPSULE : une capsule est un fruit sec déhiscent, pluri-carpellé ; la déhiscence se fait par apparition de pores (poricide) au sommet de la capsule n-carpellée du pavot coquelicot (Papave rhoeas) ou du pavot somnifère (P. somniferum, Papaveréacées) ou par apparition d’un couvercle qui saute au sommet de la capsule 5-carpellée du mouron (pyxide de Anagallis arvensis, Primulacées) ;
  • GOUSSE : une gousse est un fruit sec déhiscent, uni-carpellé : le carpelle s’ouvre par 2 fentes : au début comme les 2 pages d’un livre, ensuite aussi au niveau de ce qui en serait la reliure. La gousse est le légume des botanistes (qui n’est pas forcément celui de la ménagère), c’est-à-dire le fruit typique des Légumineuses, dont le pois (Pisum), le haricot (Phaseolus)…
  • SILIQUE : fruit typique des Crucifères dont la Giroflée (Cheiranthus cheiri) ou la monnaie du pape (Lunaria annua) : une cloison sépare les 2 carpelles ; la déhiscence fait sauter les 2 valves de la silique, par 4 fentes qui apparaissent d’un côté et de l’autre de la cloison, en laissant subsister au sommet du pédicelle fructifère ladite cloison qui porte les graines : la membrane translucide parcheminée de la monnaie du pape desséchée est cette cloison.
  • SILICULE : silique plus large que longue. 

Pour cette gamme de fruits la dissémination des graines peut être très diversifiée : les graines :

  • s’envolent dans le vent quand elles sont garnies de dispositifs ad hoc (par ex. les longues fibres de coton hydrophile qui empapaoutent les graines du cotonnier, Gossypium, Malvacées) ;
  • tombent au sol et sont emmenées par les animaux granivores, a fortiori celles qui sont garnies d’un appendice en général charnu et très appétissant, répondant au doux nom de caroncule, strophiole ou élaïosome : cas des graines de violettes (Viola, Violacées), garnies d’un appendice qui génère des corps gras qui rendent folles les fourmis ;
  • font se pâmer d’admiration les oiseaux qui ne peuvent que les constater, entourées qu’elles sont par exemple d’une belle peau rouge, qui fait un beau contraste sur le fond brun du fruit de la Pivoine (Paeonia, Paeoniacées). Encore mieux : en plus du contraste visuel, les graines du Magnolia à grandes fleurs (Magnolia grandiflora, Magnoliacées) pendent et s’agitent à la moindre brise, expulsées du fruit (polyfollicule), rouges à l’extrémité d’un petit fil… de pêche à l’oiseau !

(cours donné en janvier 2010 > merci à Joanna GRODZKA pour ses notes de cours)
(merci à « un étudiant en biologie » qui a corrigé l’article gousse de bi- en uni-carpellé)

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