L’HISTOIRE DE LA FLEUR ou LES FLEURS FOSSILES

Posté par Paul-Robert TAKACS le 21 mars 2010

AVANT, ELLES N’EXISTAIENT PAS MAIS IL CONVENAIT DE LES INVENTER

Bien après l’ère des algues, mousses et plantes alliées (BRYOPHYTES) et fougères et plantes alliées (PTERIDOPHYTES), plantes sans fleurs, qui se « reproduisent » par spores, les registres fossiles rendent compte de l’apparition de la fleur. C’est plus souvent le corollaire de l’apparition de la fleur que l’on observe : l’apparition de la graine : elle fossilise mieux. Nous sommes à l’ère primaire : au Dévonien (entre – 409 et – 363 millions d’années Ma).
Les fleurs / graines caractérisent le groupe des ANTHOPHYTA = SPERMATOPHYTA, de anthos la fleur et de sperma la graine, les deux allant de pair, rappelons-le. Ce groupe constitue le clade GYMNOSPERMES + ANGIOSPERMES, de gymnos nu et de angios enfermé (graines enfermées dans le fruit).
Dans les registres fossiles, FRIIS & CREPET (1992) rendent compte de le que les fleurs seront :

  • au Dévonien (-409 à -363 Ma) insignifiantes chez les GYMNOSPERMES (Conifères etc.), c’est-à-dire composées strictement des appareils sexuels (étamines et ovules), sans decorum ;
  • ça n’est qu’au Trias (-245 à -208 Ma) qu’apparaît dans la partie femelle de la fleur, un ensemble protecteur de l’ovule à féconder, lui-même désormais enfermé (ovaire) : le sac embryonnaire. Cette acquisition fonde le groupe des ANGIOSPERMES. La fécondation (à l’issue de la pollinisation) sera désormais double : chaque grain de pollen amené lors de la pollinisation, donnera 2 spermatozoïdes au contact de l’ovule, qui féconderont l’un (1) l’oosphère et l’autre (2) les noyaux polaires du sac embryonnaire ;
  • après une longue période de balbutiements chez les ANGIOSPERMES au Jurassique (-208 à -46 Ma), on voit apparaître dans les registres fossiles à partir du début-Crétacé (Aptien ?), des ANGIOSPERMES à fleurs petites, simples et discrètes, probablement vertes : on parle du type floral chloranthoïde (de chlor- vert). Les pièces florales sont peu nombreuses, les fleurs sont uni- ou bisexuées, volontiers en grappes / épis, sur le modèle du Poivrier (Piper, Pipéracées) ;
  • à l’approche du Crétacé moyen (Albien -112 à – 99 Ma), les fleurs sont déjà plus voyantes : les pièces florales sont très nombreuses, disposées sur une spirale (type magnolien) ou plus rarement sur des cycles, mais le périanthe est maintenant composé de pièces florales probablement non-vertes, et relativement grandes (donc voyantes), en revanche encore homogènes : les sépales ne se distinguent en rien des pétales, sauf par leur position plus externe : on nomme tépales de telles pièces ;
  • c’est aussi à partir du Crétacé moyen (Albien -112 à – 99 Ma) que la sophistication de la fleur s’accélère : rien que dans la famille des Renonculacées, la fleur se modernise à grande vitesse : les pièces florales passent (1) d’un nombre indéfini mais faible à un nombre défini, (2) d’une disposition spiralée à une disposition cyclique concentrique et (3) d’une symétrie radiale (fleurs actinomorphes) à une symétrie bilatérale (fleurs zygomorphes, sur l’exemple de l’Aconit) ; de plus, les couleurs sont vraisemblablement de plus en plus voyantes. Des fleurs cycliques actinoporphes sont attestées à la limite Albien / Cénomanien (-99 Ma) : on a trouvé, dans un gisement du Crétacé moyen, dans un gisement à Rose Creek (Nebraska, Etats-Unis), des fleurs actinomorphes cycliques ayant pour formule florale 5S + 5P + 5E + 5C (réf. DILCHER & CRANE, 1984) ; des fleurs zygomorphes existent vraisemblablement à partir de la fin du Crétacé (Campanien -83 à -70 Ma ? Maastrictien -70 à -65 Ma ?) et avec certitude dès la base de l’Ere Tertiaire (ou Paléocène : vers -65 Ma ; des fleurs papilionacées apparaissent à peine après (Maastrichtien -70 à -65 Ma ? Paléocène -65 à -55 Ma ?) et sont attestées dès l’Eocène (-55 à – 33 Ma) ;
  • après avoir été libres = séparés (fleurs dialypétales), les pétales seront plus ou moins soudés en cloche (fleurs gamopétales) à la base du Campanien (vers -83 Ma) ;
  • enfin, dès la fin du Paléocène (vers -55 Ma), la cloche s’affinera en tube. Sa gorge se resserrera, voire se refemera par des lobes qui en resserrent l’accès (cf. Boraginacées).

Entre-temps, on est passés d’une pollinisation anémogame à une pollinisation entomogame, ornithogame… de plus en plus spécifique : la pollinisation est plus efficace : le gaspillage de pollen est diminué. Et là s’ouvre le riche thème de la coévolution plantes / animaux.

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