LE CYCLE BIOLOGIQUE ou la vie d’une plante

Posté par Paul-Robert TAKACS le 1 mars 2012

cycle de vie angiosperme

Chez les plantes à fleurs (donc à graines =  Spermaphyta ou Phanérogames), le cycle biologique est décrit comme celui qui va de la graine (celle qui va germer) à la graine (la première que la plante issue de la graine 1 formera au cours de sa vie). Il semble plus… opérationnel de considérer un cycle biologique (comme son nom l’indique) de la naissance (germination) à la mort.

On compte jusqu’à 6 phases dans les cycles biologiques des plantes à fleurs (Gymnospermes + Angiospermes) :

dormance : dans nos régions (jusqu’à nouvel ordre tempérées, c’est-à-dire dotées entre autres d’une mauvaise saison : l’hiver), une graine, formée à la fin de l’été / début de l’automne, vivra plus ou moins longtemps, au ralenti, en attendant des conditions favorables à la germination  -pratiquement : en attendant le printemps. Dans les régions tropicales, les graines germent sans délai, parfois dès qu’elles sont mûres dans le fruit mûr : il n’y a là bas pas de dormance, comme il n’y a pas d’hiver… 

germination : phase essentiellement hétérotrophe : apparition de la première : la radicule. À ce stade, la jeune plante, dépourvue de feuilles et a fortiori dépourvue de chlorophylle, vit en utilisant les réserves organiques contenues dans la graine  -pratiquement, pour la graine de haricot comme de cacahuète, dans les 2 hémisphères qu’on mange : les cotylédons. On peut assez simplement faire un parfait tabac, en demandant avec son air le plus simple, lors d’une soirée qui commence à faiblir « Mais où est donc passé le calot de cotylédons d’Arachis hypogaea ? »). A ce stade, l’organisme est hétérotrophe : il vit en se nourrissant (‘trophie’ = alimentation) d’une matière organique autre (hétéro) que la sienne propre, autre que celle qu’il fabrique lui-même. Pour mémoire, nous sommes nous-mêmes des êtres hétérotrophes, qui mangeons telle ou telle matière organique (steak, hamburger, chips, chamallows…) pour la digérer et la reformuler en matière de nous-mêmes (Frédéric, etc.) ;

acquisition de l’état autotrophe : apparition d’une première tige (la tigelle), bientôt porteuse de feuilles (de jeunesse : cotylédonaires, en forme de coeur chez le haricot ; puis de type adulte, tri-foliolées chez le haricot). La jeune plante va graduellement gagner son autonomie : elle passe progressivement à un état autotrophe. Maintenant chlorophyllienne (il n’y avait rien de vert dans la graine) et disposant désormais d’un système complet d’absorption et conduction d’eau et de sels minéraux (racines & tiges), elle devient en effet capable de se comporter comme une grande, c’est-à-dire d’effectuer sa propre (photo-) synthèse de ses propres matières organiques (cellulose, nectar…) à partir de substances non-organiques qu’elle prélève dans son environnement pour les reformuler. A partir de ce stade, la plante n’a besoin pour vivre (photosynthèse) que d’eau (fraîche !), de sels minéraux, de gaz carbonique  -et de beaucoup beaucoup d’amour bien entendu, comme nous tous ! Sans oublier l’oxygène pour les besoins de sa respiration (car, scoop ?, les plantes respirent… comme nous tous.)

phase de jeunesse = végétative. La plante construit son organisme jusqu’à ses dimensions adultes. La totalité de l’énergie tirée du milieu est consacrée à augmenter, jusqu’à certaines limites inscrites dans le patrimoine génétique de chaque espèce, mais restant sous l’influence du milieu, les dimensions (hauteur, diamètre…) des tiges feuillées et des racines en proportion. Chez les arbres, l’édification du tronc et de la couronne de branches feuillées et symétriquement de la rhizoshère, dure plusieurs années ou dizaines d’années en fonction de l’essence. Entre-temps, pas une fleur, pas un fruit, pas une graine : la plante ne fait « que » végéter  -ce qui n’a donc rien de péjoratif en Botanique !

phase adulte = reproductrice. A un certain moment, un signal est donné : la sexualité se met en place enfin, et avec elle et par définition, l’âge adulte. La plante va fleurir, fructifier, donner ses premières graines. Les premières amours ressemblent plutôt à des balbutiements : il semblerait que les premières floraisons ne vont pas jusqu’au stade de fruits et graines fertiles. A partir de ce stade, l’individu partage l’énergie tirée du milieu entre végétation (bourgeons) et sexualité (boutons).

sénescence. A partir d’un certain moment, divers dysfonctionnements compromettent le diagnostic vital de la plante, au moins dans sa splendeur antérieure. Chez les arbres, des racines meurent et avec elles les ensembles de branches concernées ; la couronne meurt par le sommet et les extrêmités, les secteurs les plus difficiles à irriguer en sève brute. On dit que la couronne s’effondre. Symptômes concomitants : en fonction du caractère de l’essence, des nouveaux rameaux feuillés apparaissent sur la souche (rejets du tilleul) ou en nombre et en manchon étroit et continu le long du tronc (chêne) : c’est précisément ce qu’Hubert ROBERT peint dans tel tableau où il montre la ruine du vieux parc de Versailles, en cours d’abattage avant replantation. Les bourgeons manquent (ou manquent de vitalité) pour remplacer tout ce qui meurt. Dans son partage végétation / sexualité, l’allocation d’énergie pour la végétation (bourgeons) va en diminuant.

mort. C’est peut-être le plus beau moment de la vie de divers arbres, dont on dit que la dernière année est marquée par une floraison (et donc la fructification) explosive : une constellation de fleurs de cerisier, un sol jonché de glands et donc de belles glandées en perspective pour les pors, les sangliers ! Et pour cause : toute l’énergie de l’individu passe dans un dernier geste de sexualité, une sorte de débauche qui participe à se re-semer au maximum, dans l’intérêt de l’espèce. L’individu ne survit pas : il n’y a plus un grain d’énergie disponible pour redonner ne fut-ce qu’une feuille au printemps suivant : l’arbre est mort, sec sur pied : vivent les champignons, les vers, les oiseaux qui vont en rendre la substance au sol, où germe déjà sa riche descendance.

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VIE, MORT… ET RENAISSANCES D’UN ARBRE

Posté par Paul-Robert TAKACS le 26 janvier 2012

Les forestiers disent du chêne qu’il lui faut 100 ans pour grandir, 100 ans de glandées successives et 100 ans pour mourir. C’est ne pas avoir remarqué qu’un chêne a plusieurs vies !

Il arrive certes un moment, tôt ou tard, où un arbre arrive à une difficulté de vie. Plus le temps a passé, plus elle a pris de la hauteur et de l’envergure, avec rapidité au début de sa vie (parce qu’elle ne s’occupe que de ça : se construire), plus posément, jusqu’à un palier, par la suite (puisqu’elle distribue son énergie entre végétation mais aussi sexualité à partir du moment où elle est devenue adulte).
Il arrive donc forcément un moment où la distance, comptée à partir des racines, à laquelle il faut amener de l’eau et des sels minéraux, devient trop difficile à surmonter. C’est notamment le cas si les racines arrivent à la limite, génétiquement fixée par essence, de leur possibilité d’expansion, donc de leur capacité à aller chercher de nouvelles ressources (eau et sels minéraux) pour alimenter un individu dont (1) les dimensions sont allées croissant, et (2) dont, le cas échéant, les besoins nutritifs sont partis à la hausse, au fur et à mesure qu’il est davantage sexualisé et moins feuillé. Rappelons en effet que la sexualité coûte de l’énergie mais n’en rapporte pas à l’individu : c’est un investissement de la plante sur le long terme, qui n’est favorable qu’à l’espèce.

Dans cette configuration, le sommet et la périphérie de la couronne sont les premiers à mourir, faute d’être correctement alimentés et/ou à cause de ce qu’ils coûtent plus qu’ils ne rapportent à l’individu s’il continue de les entretenir. Pratiquement, ces branches se dessèchent et meurent. En revanche, de nouvelles branches sont générée à partir de bourgeons latents, le plus près possible du tronc et a fortiori de la base du tronc, plus faciles à alimenter. Une telle allure, qu’on appelle la descente de cime (ce qui veut bien dire ce que ça veut dire), signe le stade de sénescence d’un arbre.

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Au terme du processus, l’ »arbre initial » meurt au fur et à mesure qu’il a été remplacé par plusieurs rejets de souche plus ou moins synchrones : c’est l’apparition d’une cépée naturelle. Si on les laisse faire, font volontiers le coup les Chênes, les Châtaigniers, le Tilleul. Et de cette manière, la plante « renaît » après sa mort. Donc c’est reparti pour un tour !

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