Comment le thym s’est adapté au changement climatique en quelques dizaines d’années seulement

Posté par Paul-Robert TAKACS le 23 août 2013

La diversité génétique au sein d’une même espèce augmente fortement les capacités d’adaptation. Des chercheurs du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier (CEFE) ont montré que, grâce à ses six types chimiques, le thym des garrigues méditerranéennes s’est adapté au changement climatique en quelques dizaines d’années seulement. Et ce, sans modifier sa distribution géographique.

On sait depuis la découverte de docteurs en pharmacie, il y a cinquante ans, que le thym présente une grande diversité chimique. Pour la seule espèce de Thymus vulgaris - notre bon vieux thym des garrigues -, on ne compte pas moins de six essences, caractérisées par six monoterpènes différents. Stockées dans de petites glandes situées à la surface des feuilles, ces molécules issues du métabolisme de la plante lui donnent son odeur et produisent les huiles essentielles. « Deux sont dites « phénoliques » et sont associées aux plantes peu résistantes aux gels hivernaux mais bien adaptée aux sols rocailleux et très secs durant l’été, quatre autres sont de type non-phénolique et se retrouvent dans les zones les plus froides l’hiver et sur des sols marneux plus profonds » explique John Thompson, chercheur CNRS spécialiste des plantes aromatiques au CEFE et premier auteur de l’article paru dans PNAS. Une cartographie très précise, établie dans les années 70 dans la région de Montpellier, a répertorié trois types de zones : des zones exclusivement phénoliques, des zones mixtes où l’on retrouve les essences phénoliques et non phénoliques, et des zones exclusivement non phénoliques.
Quelle n’a pas été la surprise du biologiste de constater que les cartes avaient été rebattues : « lors d’une sortie dans le bassin de Saint-Martin de Londres, au nord de Montpellier, il y a quelques années, j’ai clairement senti du thym de type phénolique dans des zones signalées comme non phénoliques ». Pour en avoir le cœur net, une vaste campagne de collecte, effectuée dans 36 stations du bassin en question, a été diligentée. Résultat des analyses : les phénoliques ont gagné du terrain sur les non phénoliques et sont désormais majoritaires ! « Les relevés de températures de ces quarante dernières années montrent que les extrêmes enregistrés dans les zones les plus froides – jusqu’alors propices aux types non phénoliques -, sont moins bas aujourd’hui : à peine moins dix degrés, quand on enregistrait des moins 20 dans les années 50 », raconte John Thompson.
Le thym de type phénolique, moins résistant aux grands froids, a donc commencé à migrer vers les zones non phénoliques, sans que la distribution globale de l’espèce ait changé. Que cette adaptation se soit faite en l’espace de 40 ans, et au sein d’un espace d’à peine quelques dizaines de kilomètres carrés, ne laisse pas d’étonner les chercheurs. Reste à découvrir maintenant comment cette migration s’est effectuée…

référence : Evolution of a genetic polymorphism with climate change in a Mediterranean landscape, publié dans PNAS le 18 février 2013 par John Thompson, Anne Charpentier, Guillaume Bouguet, Faustine Charmasson, Stephanie Roset, Bruno Buatois, Philippe Vernet, et Pierre-Henri Gouyon.

contact chercheur : John Thompson, Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE), CNRS/Université de Montpellier 1, 2 et 3, Montpellier SUPAGRO / CIRAD / IRD / Ecole Pratique des Hautes Etudes / INRA,  john.thompson@cefe.cnrs.fr

source : http://www.cnrs.fr/inee/communication/breves/thompson.htm

 

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LA PHÉNOLOGIE : INFLUENCE DU CLIMAT SUR LES RYTHMES BIOLOGIQUES

Posté par Paul-Robert TAKACS le 2 juin 2010

CONFÉRENCE-PROJECTION à l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, le samedi 5 juin 2010

Le cerf brame vers la mi-septembre, et le marronnier fleurit au printemps. Mais, dernièrement et à plusieurs reprises, des marronniers ont refleuri en automne. Que se passe-t-il ?

Quels sont les rapports entre les événements biologiques saisonniers et les conditions climatiques ? Et les conséquences d’un changement climatique ?
La réponse sera dans la triste histoire du chêne, de la phalène et de la mésange…

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